Vous avez des instantanés de votre machine. Ils se font chaque nuit, apparaissent dans la liste avec leur date et leur taille, et vous n'avez jamais eu à les utiliser. Cela a un bon côté et un mauvais. Le mauvais, c'est que vous ne savez pas s'ils servent. Un instantané peut être corrompu, avoir été pris avec la base de données à moitié écrite, manquer d'un disque supplémentaire ajouté après, ou bien le jour où vous en aurez besoin vous découvrirez que personne ne sait par où on restaure. Tout cela se découvre un après-midi tranquille ou au petit matin du désastre. L'après-midi vaut mieux.
La façon la plus sûre de tester est de restaurer dans une autre région : une nouvelle machine, loin de celle de production, avec sa propre adresse, qui ne peut rien écraser de ce qui fonctionne. Au passage, vous vérifiez que votre copie hors région sert aussi, celle qui vous sauverait dans le pire des cas. À la fin vous la supprimez et le test vous a coûté quelques centimes.
Avant de commencer : ce que signifie chaque chose
- Production
- La machine qui sert réellement vos clients. C'est celle à laquelle il ne faut pas toucher pendant le test.
- Instantané (snapshot)
- La photo complète du disque d'une machine à un instant donné. C'est ce que vous allez restaurer.
- Région
- Chacun des endroits du monde où Amazon a des centres de données (Paris, Irlande, Francfort...). Un instantané vit dans la région de sa machine jusqu'à ce que vous le copiiez ailleurs.
- Restaurer
- Créer une nouvelle machine à partir d'un instantané. La machine d'origine n'est pas touchée.
- IP publique
- L'adresse par laquelle on atteint une machine depuis Internet. La machine de test naît avec une adresse différente de celle de production ; ainsi personne n'y arrive par erreur.
- Pare-feu (firewall)
- La liste des ports ouverts d'une machine Lightsail. Une machine restaurée naît avec le pare-feu par défaut, pas avec celui de l'originale.
- Cron
- Les tâches qu'une machine Linux fait toute seule à certaines heures : copies, envois d'e-mails, nettoyages. C'est ce qu'on oublie le plus de vérifier.
- Plan
- La taille d'une machine Lightsail (mémoire, processeur, disque) avec son prix mensuel. En restaurant, il faut en choisir un égal ou supérieur à celui de l'originale.
Pas à pas
Choisissez quel instantané tester et notez ce que vous vous attendez à voir
Dans la console Lightsail, menu Instantanés, repérez la machine et choisissez un instantané récent mais pas d'aujourd'hui : celui d'hier soir ou d'il y a deux jours. Tester le plus vieux ne sert pas à grand-chose ; en tester un d'il y a quelques heures ne vous dit rien non plus sur ceux conservés depuis des jours.
Avant de commencer, écrivez dans une note trois ou quatre choses concrètes qui devraient être dans cette copie : la dernière commande d'hier, l'article de blog publié mardi, l'utilisateur inscrit la semaine dernière. C'est votre liste de vérification. Sans elle, vous finirez par regarder que « le site charge » et par valider une copie à laquelle il manque deux jours de données.
Copiez l'instantané vers la région de test
Dans le menu des trois points de l'instantané, choisissez Copier vers une autre région. Sélectionnez la région de test (si vous avez déjà une région de secours, utilisez-la ; sinon, une proche comme l'Irlande ou Francfort), donnez-lui un nom qui dit ce que c'est (
prueba-restauracion-2026-10-28) et confirmez.La copie prend de quelques minutes à plus d'une heure selon la taille du disque. Pour la voir, changez de région dans le sélecteur en haut de la console : les instantanés copiés n'apparaissent que dans la région de destination. Attendez que son état soit Disponible.
Si vous avez déjà des copies programmées dans cette région, vous pouvez sauter cette étape et tester directement l'une d'elles : c'est même mieux, parce que vous vérifiez la copie que vous utiliseriez vraiment en cas de désastre.
Créez la machine de test depuis l'instantané
Dans la région de test, menu de l'instantané, Créer une nouvelle instance. Lightsail vous demande :
- Zone de disponibilité : n'importe laquelle.
- Clé SSH : choisissez la clé par défaut de cette région ou téléversez la vôtre. La machine conserve en plus les clés qu'avait l'originale, donc normalement vous pourrez entrer avec celle de toujours.
- Plan : il doit être égal ou supérieur à celui de la machine d'origine ; Lightsail ne laisse pas en choisir un plus petit. Comme c'est pour une heure, choisissez le même.
- Nom : quelque chose qui crie que c'est temporaire, comme
PRUEBA-borrar-web-tienda.
Cliquez sur Créer une instance. En deux ou trois minutes elle sera en marche avec une nouvelle IP publique. Notez-la.
Ouvrez le pare-feu juste ce qu'il faut
La nouvelle machine naît avec le pare-feu par défaut (SSH et HTTP). Entrez dedans, onglet Mise en réseau, et ajoutez les ports que vous utilisez pour tester, normalement 443 (HTTPS). N'ouvrez pas plus que nécessaire : c'est une copie de la production avec de vraies données, qui vit à une adresse que personne ne surveille.
Si vous voulez la verrouiller encore plus, restreignez chaque règle à votre propre adresse IP (l'option pour limiter à des adresses précises est dans la règle elle-même). Ainsi la machine de test est invisible pour le reste d'Internet le temps du test.
Vérifiez qu'elle fonctionne vraiment
C'est la partie qui distingue un test d'une formalité. Parcourez la liste dans l'ordre :
- Elle démarre et on y entre : connectez-vous par SSH depuis le bouton du navigateur de Lightsail ou avec votre client. Si ça n'entre pas, vous avez déjà appris quelque chose d'important.
- Le site charge : ouvrez
https://IP-de-la-pruebadans le navigateur. Le certificat donnera une erreur parce que le domaine ne pointe pas là ; c'est normal, acceptez l'avertissement. Beaucoup de sites (WordPress, par exemple) redirigent vers le vrai domaine quand on les charge par IP : pour l'éviter, sur votre ordinateur faites pointer temporairement le domaine vers l'IP de test dans le fichierhosts, ou testez depuis SSH aveccurl -k -H "Host: tudominio.com" https://127.0.0.1/. - La base de données est là et complète : entrez dans l'administration du site ou directement dans la base et cherchez ce que vous avez noté à l'étape 1. Si la base de données est dans un service à part (base Lightsail ou RDS), attention : la machine de test se connectera à la base de production, parce que la configuration pointe là-bas. Pour ne rien y écrire par erreur, passez la configuration en lecture seule ou faites-la pointer vers une base de test restaurée.
- Les tâches programmées existent : en SSH,
crontab -letls /etc/cron.d. Pas besoin qu'elles s'exécutent (et mieux vaut pas : elles enverraient des e-mails ou feraient des copies depuis la machine de test) ; il suffit de voir qu'elles sont là. - Les fichiers téléversés sont là : la dernière photo de produit, le dernier PDF. S'ils manquent, l'instantané ne couvre pas ce répertoire (il est peut-être sur un autre disque ou dans S3).
Notez le résultat de chaque point, avec la date. Un « tout va bien » d'il y a trois mois est une donnée précieuse le jour du désastre.
Supprimez la machine de test (et ce que vous avez ouvert)
Une machine Lightsail est facturée depuis qu'elle existe jusqu'à sa suppression, allumée ou arrêtée. Dès que vous avez fini : entrez dans la machine de test, menu des trois points, Supprimer. Confirmez. Si vous avez créé une base de données de test, supprimez-la aussi. Si vous avez touché au fichier
hostsde votre ordinateur, annulez-le.L'instantané copié, vous pouvez le garder comme copie de secours (c'est utile de l'avoir dans une autre région) ou le supprimer si vous avez déjà des copies programmées là-bas. Les instantanés sont facturés par Go et par mois ; c'est peu, mais ça s'additionne si vous en laissez un à chaque test.
Vérifiez le lendemain dans Facturation qu'il ne reste aucune machine en trop dans la région de test.
Répétez chaque trimestre
Un test vaut tant que rien ne change : la machine, le plan, le site ou la personne qui sait restaurer. En pratique, c'est un trimestre. Mettez dans l'agenda d'une personne précise « tester la restauration » le premier lundi de janvier, avril, juillet et octobre, avec un lien vers la note où vous avez écrit comment on fait et quoi vérifier. Une demi-heure tous les trois mois. Si la machine a beaucoup changé (nouveau disque, base de données déplacée), faites le test avant.
Ce qui peut mal tourner
Je ne peux pas entrer en SSH sur la machine de test
Le plus courant est que la clé par défaut de la région de test ne soit pas celle que vous avez sur votre ordinateur. Utilisez le bouton Se connecter à l'aide de SSH du navigateur dans la console Lightsail, qui ne dépend pas de vos clés, ou téléchargez la clé par défaut de cette région depuis Compte, Clés SSH. Si ça ne marche toujours pas, l'instantané peut être endommagé : essayez avec le précédent et, si celui-là fonctionne, cessez de faire confiance au premier.
Le site charge mais me renvoie vers le domaine de production
L'application a mémorisé sa propre adresse et redirige vers elle. Ce n'est pas un défaut de la copie. Pour la tester sans rien changer sur la machine, faites pointer le domaine vers l'IP de test dans le fichier hosts de votre ordinateur (et pensez à l'enlever à la fin) ou vérifiez le contenu depuis SSH avec curl.
La machine de test a envoyé des e-mails ou fait des choses bizarres
C'était une copie exacte de la production, avec ses tâches programmées, et elle a fait ce que ferait la production : envoyer les rappels de 9 h, lancer la copie nocturne, synchroniser avec la passerelle de paiement. Si vous allez garder la machine de test en vie plus de quelques minutes, désactivez le cron dès l'entrée (sudo systemctl stop cron) et vérifiez qu'elle ne pointe pas vers de vrais services externes (passerelle de paiement, envoi d'e-mails). La prochaine fois, faites le test à une heure où aucune tâche n'est prévue.
Les données du test ont deux jours de retard
Si vous avez choisi l'instantané d'avant-hier, c'est attendu. Si vous avez choisi celui d'hier soir et qu'il manque des données d'hier, regardez l'heure de l'instantané : il est peut-être pris avant l'heure où l'on travaille le plus. Déplacez l'heure de la copie automatique au petit matin, ou ajoutez une copie de la base de données plus fréquente que celle de la machine.
Dans Simplio
Dans Simplio, le test se résume à l'essentiel. Depuis la liste des instantanés d'une machine, vous en choisissez un d'une autre région (ou vous l'y copiez d'un clic) et vous cliquez sur Restaurer dans une autre région : Simplio crée la machine à destination avec le plan que vous indiquez et vous montre l'IP sur sa carte dès qu'elle tourne. Quand vous avez terminé, vous la supprimez depuis la même carte. Le journal d'activité garde trace de qui a fait le test et quand, ce qui est pratique pour prouver qu'il est fait.
Les vérifications à l'intérieur de la machine (que le site charge, que les données d'hier soient là, que le cron soit présent) restent les vôtres : aucun programme ne peut savoir ce qui devait se trouver dans votre copie.
La même chose, dans AWS et dans Simplio
| Dans la console AWS | Dans Simplio | |
|---|---|---|
| Copier l'instantané vers une autre région | Menu de l'instantané, choisir la région, changer de région pour le voir | Un clic depuis la liste des instantanés, ou il y est déjà grâce à la programmation |
| Créer la machine de test | Menu de l'instantané, zone, clé, plan, nom ; noter l'IP | Restaurer dans une autre région en une étape ; l'IP apparaît sur la carte |
| La supprimer sans rien oublier | Vérifier la région de test et la facturation le lendemain | Supprimer depuis la carte ; la machine disparaît de Coûts |
| Savoir que le test a été fait | Le noter dans une note | Reste dans le journal d'activité avec utilisateur et date |